LE MUSÉE FAIT SON CINÉMA DIGITAL
Deux millions pour la numérisation de ses archives : cette fois-ci, la Cinémathèque royale entre dans le XXI e siècle.
EN: LE SOIR EN LIGNE
SITE: http://www.lesoir.be/culture/cinema/2006/07/
14/article_hermes_453964.shtml
FECHA: 13/07/2006
AUTOR: NICOLAS CROUSSE
Ce serait donc la bonne ? On a vraiment envie d'y croire. Mais cette fois-ci, on attendra la confirmation. Et pour cause : il y a trois ans, déjà, Fientje Moerman (VLD), alors ministre en charge de la Politique scientifique, promettait un budget conséquent (mais flou) consacré à la numérisation du patrimoine de la Cinémathèque royale de Belgique.
Jeudi, à Bruxelles, son successeur, Marc Verwilghen (VLD), est revenu à la charge, en garantissant une enveloppe de 2 millions d'euros afin de faire entrer la Vieille Dame dans l'ère des technologies modernes. Cette enveloppe sera prélevée, indique le ministre, sur les 75 millions d'euros destinés au plan de numérisation du patrimoine scientifique et culturel des « Établissements scientifiques fédéraux et de la Cinémathèque ».
Plus qu'un symbole, se réjouit Gabrielle Claes, conservateur de la Cinémathèque : C'est une étape majeure, qui va nous permettre de passer à la nouvelle technologie sans abandonner l'ancienne. Bien plus qu'un symbole, c'est à la fois une évolution progressive et une vraie révolution. Nous allons enfin propulser une partie de nos films dans un nouveau monde, en les adaptant à l'expertise ancienne.
Il était temps. C'est que les films et autres archives de notre patrimoine vieillissent, dans leur état actuel, aussi lentement que sûrement. Pas si lentement que ça, d'ailleurs. En les transférant, dès 2007, vers le digital, on fera donc coup double : on travaillera à leur survie, tout en les rendant infiniment plus accessibles.
Pour les chercheurs et les étudiants en quête de documentaires sur le Congo ou l'Atomium, par exemple, un matériel de consultation d'images numériques sera bientôt mis à leur disposition - en 2007, si tout va bien. On envisage même une future consultation en ligne de certains supports. Alors qu'aujourd'hui, le chercheur qui veut parcourir un documentaire sur Buana Kitoko doit visionner sur place plusieurs bobines. Et alors que bon nombre d'universités projettent souvent, en guise de films sur notre patrimoine, des copies vidéo qui sont dans un fort piètre état.
Les films concernés par cette première phase de numérisation seront, dans l'ordre de priorité : les documentaires prétélévisuels liés à l'Histoire belge ; le patrimoine de notre cinéma (et on espère que là, le cinéma francophone ne restera plus à la traîne !) ; ou encore les raretés, perles et copies restaurées (comme Le cabinet du docteur Caligari, ou les films de la RKO, grâce à un partenariat avec la Warner) de la collection étrangère.
SYNERGIES AVEC LE MUSÉE DE TERVUREN?
Le ministre Verwilghen, visiblement impressionné par l'ampleur du Fonds Congo (plus de 500 films et documents, sur les cérémonies officielles, récits de voyages, questions de santé, de politique ou d'économie du pays, du temps de sa colonisation), évoquait, au terme de la petite visite qu'il a rendue aux dépôts de la Cinémathèque, la possibilité de synergies entre la Cinémathèque et le Musée royal de l'Afrique centrale, à Tervuren.
Cette entrée du Musée du cinéma dans le monde de demain était loin d'être gagnée. Nous aurions très bien pu en rester là, commente Gabrielle Claes, en nous contentant d'être un Musée du cinéma du XX e siècle. Ce ne sera désormais plus le cas.
C'est décidément l'année de transition et de mue pour la Cinémathèque. Qui, dès ce samedi soir, fermera son Musée et ses salles jusqu'à septembre 2007. Les grands travaux de rénovation vont pouvoir commencer. Que les amis du Musée du cinéma se rassurent toutefois : dès septembre 2006, leurs projections chéries seront assurées depuis l'auditorium Shell.